Bonjour, je m’appelle Fiona, j’ai 35 ans. Aujourd’hui, je partage mon histoire avec vous, une histoire marquée par la dépendance à l’alcool de mon père. Peut-être reconnaîtrez-vous dans ces mots les conséquences d’une consommation excessive dans votre propre famille. Mon but est simple est de vous dire que vous n’êtes pas seul, et que même avec les séquelles d’un père alcoolique, on s’en sort.
Sommaire
J’ai connu mon père dans l’ivresse permanente. En face, ma mère, d’une lucidité et d’une force incroyables, se battait seule contre les effets dévastateurs de l’addiction. Elle travaillait dur pour nous, ses quatre enfants, pour combler le vide laissé par un père alcoolique. Elle nous a offert une vie où, étrangement, nous n’avons jamais vraiment « manqué du père », car elle a porté sur ses épaules le poids de son absence, même présente.
L’Ombre de la Bouteille : Vivre avec une Personne Alcoolique
L’alcoolisation massive rendait mon père violent, c’était aussi un don Juan, il trompait ma mère, il n’était jamais lui même. Notre quotidien était un champ de mines. Ma mère, dans une sagesse qui me sidère encore, ne nous a jamais coupés de lui. Elle ne voulait pas nous priver de cette relation, malgré tout. Mais elle ne nous a jamais caché la réalité de la maladie alcoolique.
Je me souviens de ces soirs où il rentrait alcoolisé. Le bruit de la clé dans la serrure nous glaçait le sang. Ma mère nous chuchotait : « Vite, allez vous coucher ! ». C’était son code. Elle voulait nous protéger de la violence de mon père alcoolique, une conséquence directe de sa consommation d’alcool. Elle s’interposait, devenant notre bouclier contre les troubles du comportement induits par son cocktail destructeur. Elle portait tout le poids des problèmes liés à l’alcool.
Puis il y a eu « la fois de trop ». J’avais 11 ans. La violence a explosé. Ma mère, sous les coups. Les cris, les disputes. Et finalement, les gyrophares. C’est hyper-traumatisant pour un enfant de voir son père alcoolique, cet homme qui devrait être un rocher, être emmené par les forces de l’ordre, son état d’ivresse étant évident.
Ce soir-là, je lui ai supplié de partir. Je lui ai dit que la police allait venir. Il m’a répondu, perdu : « Je vais où ? ». Je lui ai dit : « Où tu veux, mais loin de nous. » Et il est parti.
Le Poids de la Culpabilité et le Déni de la Maladie
Pendant trois ans, plus de nouvelles de mon père alcoolique, est-ce qu’il était vivant ? Mort ? Peut-être qu’il ne buvait plus ? Nous avons appris plus tard qu’il était devenu sans-abri, son addiction à l’alcool prenant le dessus. Pendant trois ans, j’ai porté un poids immense : la culpabilité. J’avais l’impression d’avoir chassé mon père alcoolique. Je me disais : « C’est à cause de moi. » C’est une pensée toxique qui ronge un enfant confronté à la dépendance alcoolique d’un parent. Nous, les enfants, nous voulions juste que notre maman cesse de souffrir des conséquences de cette consommation excessive d’alcool.
À 14-15 ans, dans les tourments de l’adolescence, un besoin confus de figure paternelle m’a poussée à reprendre contact. Mais la colère était là, immense. Je lui en voulais terriblement, il n’avait pas changé. Comment respecter un père alcoolique qui vous a abandonnés ? Son déni de la situation rendait toute relation authentique impossible. Heureusement, j’ai eu deux bouées de sauvetage : la parole, avec une psychologue, et la spiritualité. Cela m’a permis de comprendre les mécanismes de l’addiction, de déposer ma colère, de prendre cela comme une réelle maladie et finalement, de grandir. J’ai appris à pardonner ce père alcoolique. Pas pour lui, mais pour moi.

La Prise de Conscience Tardive : Les Dégâts Physiques de l’Alcool
À 50 ans, on lui a diagnostiqué un cancer du pancréas. Sûrement lié à l’alcoolisme chronique. Le foie aussi était touché. Je pense qu’il s’est autodétruit, nous laissant à chaque fois. Il a dû vivre un mal-être profond, cette vulnérabilité qui pousse à la consommation problématique d’alcool. Aujourd’hui, je ne lui en veux plus. Je vois la maladie alcoolique pour ce qu’elle est : un fléau aux effets neurologiques et hépatiques dévastateurs.
Dans son lit de mort, il nous a dit : « J’ai fait le con et voilà. » C’était sa manière à lui de reconnaître les choses. Mais c’était trop tard. Le père alcoolique avait perdu sa bataille contre les drogues (cannabis) et l’alcool, et nous, nous avions perdu un père bien avant cela. Les risques liés à une consommation régulière s’étaient concrétisés.
Un Message d’Espérance et de Mise en Garde contre l’Alcool
Alors, messieurs, mesdames, je vous le dis avec tout mon être : l’alcool n’est pas un jeu. Une consommation ponctuelle peut, petit à petit, se transformer en dépendance physique et psychologique. L’usage nocif d’alcool peut remplacer votre famille, vos amis, et finir par vous prendre la vie. Si vous avez des gens qui ont un problème avec l’alcool dans votre entourage, mettez des mots dessus. Parlez-en. Affrontez le déni.
N’attendez pas que les symptômes de sevrage ou une hospitalisation deviennent la seule issue. Cherchez de l’aide. Renseignez-vous sur les traitements de l’alcoolisme, que ce soit un suivi en ambulatoire, un sevrage alcoolique médicalisé, ou des groupes comme Alcooliques Anonymes pour l’entraide. Nous, nous avions essayé, mais c’est la maladie qui a été son électrochoc. Un électrochoc fatal.
Notre histoire est aussi un message d’espoir. On s’en sort. Les séquelles des troubles liés à cette enfance restent, mais on vit, on aime, on construit et surtout on a appris à ne pas reproduire les mêmes erreurs. Ma mère nous a montré le chemin du courage, la force et la patience. La vie continue, belle et précieuse, après l’orage d’un père alcoolique. La guérison est possible, que ce soit pour la personne dépendante ou pour ses proches.
Ne coupez pas les ponts avec un proche touché par l’alcool, je vous assure il a besoin de vous même s’il prétend que non !
Avancer, Comprendre et Prévenir
Mon témoignage s’achève ici. C’est l’histoire d’un père alcoolique et de l’impact dévastateur de son addiction. Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez que votre vérité mérite d’être entendue. Parlez. Cherchez de l’aide. Vous n’êtes pas responsable de la maladie de l’autre.
Sachez que des ressources existent pour arrêter de boire ou pour réduire sa consommation. La lutte contre l’alcoolisme passe par la parole, la prévention des risques liés et l’accès aux soins en alcoologie et addictologie. Protégez-vous, aimez-vous, et avancez. La vie est un chemin de résilience. Le pardon que j’ai accordé à mon père alcoolique n’efface pas le passé, mais il permet de se tourner vers l’avenir, plus léger, et de comprendre que l’alcoolisme est une maladie, pas un choix.











